Prospective Territoriale : la question des villes par Guy Loinger.
Guy LOINGER, Secrétaire Général de l'OIPR (Observatoire international de prospective régionale), Directeur de la SARL Territoires du Futur, et expert à CreActive Place lors du CreaForum "La Prospective Territoriale au coeur de l'action des élus" qui s'est déroulé à Deauville les 11 et 12 juin 2009,propose un séminaire de formation à la prospective territoriale les 27 et 28 janvier prochains à Paris sur le thème "Villes et Métropoles" (téléchargez le programme détaillé ci-dessous) .
Pendant qu’une gigantesque mutation a lieu actuellement dans les pays émergents, qui prend la forme d’un déplacement massif des gens des campagnes vers les villes, les mutations urbaines des pays développés, pour être plus feutrées, n’en sont pas moins réelles. On assiste à deux phénomènes, relativement contradictoires. D’une part la poursuite des tendances antérieures, sous forme d’une concentration croissante de la population dans un petit nombre de grandes métropoles et leur diffusion sur des espaces périphériques en auréoles successives, avec absorption d’anciens pôles urbains ruraux transformés en centre de services des nouvelles banlieue. La ville diffuse, très consommatrice d’énergie, sous-équipée, à base de mode de vie hyper individualisée, continue sur sa lancée, que la crise actuelle conforte paradoxalement : habiter loin pour ne pas payer la rente foncière au prix d’un surcoût en transport et temps social. Et d’un autre côté, la conscience croissante que le modèle d’urbanisation hérité de la fin du 20 éme siècle est tout sauf soutenable dans le contexte de la montées des crises de système (Biodiversité en chute libre, Energie en état de raréfaction par rapport aux besoins, dérive des climats, empreinte écologique excessive…). Un autre modèle d’urbanité s’impose peu à peu, devient la norme, le standard, basé sur la réinvention de la ville et de la société urbaine, une recherche en sobriété dans son mode de fonctionnement, de gestion, une recherche en complexité (au sens de richesses de signes et de fonctions) à toutes les échelles spatiales, et notamment dans l’univers de la proximité (solidarité entre les générations, articulation fines entres les fonctions locales, maîtrise des mobilités..).
La grande question est celle l’articulation entre ces deux logiques, largement contradictoires l’une par rapport à l’autre, à la manière de deux plaques tectonique qui se superposent et s’entre choquent : l’ancienne qui freine l’expansion de la nouvelle, mais qu’il faut bien gérer et améliorer, pendant que la nouvelle plaque porte lentement l’émergence d’un nouveau mode de vie. La gestion de cette contradiction, qui prend des formes différentes d’un pôle aggloméré à l’autre, est un enjeu majeur des politiques d’aménagement, à la manière de deux mailles qu’il faut bien faire fonctionner ensembles alors qu’elles n’ont pas la même texture. Une urbanité hybride si l’on veut. Une hypothèse serait de soutenir que les processus à court terme pourraient conforter le modèle de la ville diffuse pendant que la ville dense, à moindre coût systémique, prendrait son essor sur le long terme. Nous serions ainsi dans une période de transition, entre deux formes urbaines qui renvoient à deux modèles économiques et sociétaux.. Il n’est d’ailleurs pas certain qu’in fine le concept de la ville sur la ville s’impose, car les progrès de la technologie, qui joue le rôle du diable dans le raisonnement, pourrait finalement tordre le bâton dans le sens de la « désurbanisation ». Il y a une forte incertitude, une équation dont on ne connaît pas toutes les variables, à la manière d’un système en équilibre instable qui peut basculer dans un sens ou dans un autre. Ce qui ouvre d’autant plus de place à la créativité individuelle et collective, à la qualité de la gouvernance et de la construction de scène publiques de débats et d’intelligences collectives.
Guy Loinger - Territoires du Futur
Consulter le programme détaillé de la formation des 27 et 28 janvier 2010
